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La Suisse n'est pas immunisée contre le spyware Pegasus

Le consortium d'enquête sur Pegasus rassemble 17 médias et Amnesty international./Forbidden stories

Chaque jour de cette semaine a apporté son lot de révélations dans l’affaire du logiciel espion Pegasus, vendu à des Etats par la société israélienne NSO Group. Après des journalistes, des opposants politiques et des activistes ce sont des politiques comme le président français Emmanuel Macron qui ont apparemment été visés, selon l’enquête du consortium de 17 médias. A notre connaissance, la liste de 50’000 numéros de portables qui a fuité ne contenait pas de numéros helvétiques. La Suisse immunisée? Les réponses — laconiques — du Service de renseignement et du ministère public de la Confédération et celles plus étoffées d’un expert de cybersécurité ne le laissent pas penser.

Pourquoi cela n’a rien d’impossible. Les révélations sur Pegasus s’appuient sur une liste de 50’000 numéros de portable potentiellement espionnés, mais elle n’est pas forcément exhaustive. D’autant qu’il y a eu des précédents, à commencer par la découverte de Pegasus sur le téléphone de l'opposant émirati Ahmed Mansour par le Citizen Lab de l'Université de Toronto. Et comme le relèvent nos confrères du Temps, la présence à Genève de défenseurs de l’indépendance du Sahara occidental alimente des soupçons suite aux révélations de l’utilisation par le Maroc de Pegasus.

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