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Coronavirus modifiés: la piste américano-chinoise se précise

Le chercheur américain Ralph Baric a mis à disposition des virologues chinois ses technologies de modifications des virus. | UNC

Depuis quelques jours, le terme de «gain de fonction», une modification artificielle d’un virus, a vu sa popularité exploser sur les réseaux sociaux. En cause des recherches menées par des virologues américain de l’Université de Chapel Hill avec leurs collègues chinois de l’Institut de virologie de Wuhan qui ont abouti à modifier des coronavirus pour les rendre plus pathogènes dans le but de les étudier. Ces travaux publiés en 2015 par Nature sont passés au cœur des thèses complotistes affirmant que le virus Sars-CoV-2 a été fabriqué voir intentionnellement ou accidentellement relâché. Une enquête approfondie de la Technology Review explique cette collaboration américano-chinoise qui alimente toutes les suspicions.

Pourquoi c’est critique. La question de l’origine du Sars-CoV-2 est hautement politisée. Entre théories du complot, antiaméricanisme ou aversion pour la Chine, les motivations ne manquent pas qui feraient du laboratoire de Wuhan le point de départ de la pandémie. Si elle ne confirme pas cette hypothèse, l’enquête de Technology Review est sans concession à propos des chercheurs impliqués. En particulier, elle pointe la faiblesse des standards de sécurité des labos chinois et les risques des technologies de gain de fonction. Les liens subtils entre ces chercheurs risquent de mener à des conclusions hâtives, il est donc intéressant de les voir détailler y compris dans leurs ambiguïtés. Pour lever ces dernières, il reste à l’OMS à mener cette enquête jusqu’au bout. Et on comprend ses difficultés à l’imposer aux deux grandes puissances impliquées.

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